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Gorgui Sy Dieng, champion universitaire aux Etats-Unis : «Je serai à l’Afrobasket si...»

Le sport rime avec les études. Cet adage, le basketteur sénégalais de Louisville, Gorgui Sy Dieng le vit au quotidien avec depuis maintenant quelques années. Surtout lorsqu’il a eu la chance de rejoindre les Etats-Unis pour poursuivre ses études. Champion universitaire lundi dernier, le pivot des Lions était en pleine révision pour les examens de fin d’années lorsque Le Quotidien l’a joint hier en début de soirée. Le natif de Kébémer, qui est devenu le deuxième sénégalais à remporter le titre Ncaa après un certain Souleymane Wane, s’est offert une courte pause pour revenir sur la finale contre Michigan. Mais aussi évoquer sa prochaine participation à l’Afrobasket 2013 en Côte d’Ivoire avec les Lions. Ce qui, selon lui, déprendra surtout des dirigeants de son club.

Woury Diallo Lequotidien



Gorgui Sy Dieng, champion universitaire aux Etats-Unis : «Je serai à l’Afrobasket si...»
Vous êtes enfin champion Ncaa avec votre Université, celle de Louisville depuis lundi dernier. Comment avez-vous vécu ce sacre ?
Ces sont des moments forts dans la carrière d’un joueur. Je crois qu’on a réalisé quelque chose d’énorme pour nous les joueurs, mais également pour l’Université parce que le dernier titre remontait à 1986. On savait qu’on avait les moyens de remporter ce titre cette année. On a un bon groupe, des joueurs talentueux, un bon staff technique et toutes les conditions étaient réunies pour aller au bout de cette compétition.
Pour vous, cela représentait quelque chose de spécial d’autant plus que la saison dernière, vous aviez perdu en finale ?
Effectivement ! De nature, je suis quelqu’un qui aime relever tous les défis qui se présentent à moi. Je n’aime pas perdre. Et c’est dans cet état d’esprit que j’ai préparé cette compétition.

Y avait-il une pression particulière pour cette finale ?
Il n’y avait aucune pression. On était très confiants. Comme j’ai dit, on savait qu’on avait les moyens de remporter ce titre cette année avec le groupe et le staff en place. Donc, il n’y avait point de place pour le doute ou la pression. On n’avait peur de rien. Il fallait simplement jouer un match et se dire à la fin : on a tout donné ! C’est ce qu’on a essayé de faire. Au finish, on gagne. C’est bien pour tout le monde.

Est-ce facile pour des jeunes comme vous de jouer dans un stade de 75 000 places pour une compétition très médiatisée ?
Quand on a la chance de jouer ce genre de match, cela veut dire qu’on a forcément du talent. Mais aussi, cela veut dire qu’on a beaucoup de chance. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas eu cette chance. Surtout de grands basketteurs, comme Lebron James ou encore Kobe Bryant qui n’ont pas gagné ce titre, malgré leurs parcours. Ce titre représente énormément de choses pour moi dans la suite de ma carrière. Quand j’étais au Sénégal, je ne m’imaginais pas un joueur que j’aurais cette chance. Surtout pour un natif de Kébémer (Louga). On a eu la chance d’avoir des gens très professionnels qui ont su nous encadrer et nous mener à la victoire. Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu.

Est-ce à dire que ce titre est le plus important de votre jeune carrière ?
On peut le dire. Mais j’ai quand même eu à gagner des titres depuis que je suis là. Quasiment, chaque année on remporte le titre de notre Conférence. Cette année, on a remporté le championnat en plus d’un autre tournoi. On a presque tout raflé cette année. Et on espère que cela va continuer ainsi. On va continuer à travailler. 

Est-ce votre meilleure saison depuis que vous êtes aux Etats-Unis ?
Je crois qu’effectivement, c’est ma meilleure saison. Aujourd’hui, même s’il me reste beaucoup à faire, je crois que je peux servir d’exemple à ceux-là qui sont plus jeunes que nous et qui aiment le basket. On doit rester des modèles pour eux. Cela nous poussait à travailler davantage pour ne pas les décevoir. C’est une bonne chose de croire en soi.

Vous êtes parmi les joueurs draftés pour la prochaine saison en Nba et d’ailleurs le seul africain. Ça vous inspire quoi qu’on cite déjà votre nom au sein de l’élite du basket américain ?
Vous savez, je ne fais pas attention à ce qui se dit dans la presse. Je continue mes études et je joue en même temps au basket. J’ai un entourage qui suit tout ce que je fais et je reste à l’écoute de ces derniers. Le jour où je dois rejoindre la Nba, incontestablement j’irai là bas. Mais pour l’instant, je ne me focalise pas trop sur ce sujet. Vous savez, les gens font beaucoup de commentaires sur le sujet. Moi, je ne veux pas trop m’étendre sur cette question. J’attends simplement qu’on mon heure sonne, sans me mettre une pression.

C’est quand même l’objectif de tout basketteur ?
Je le sais. Et c’est un de mes objectifs. Seulement, ce n’est pas moi qui décide. J’attends tranquillement qu’on vienne me dire un jour que ta place est désormais ailleurs. Pour l’instant, je continue mes études et mon basket.
Il y a beaucoup d’anciens et d’internationaux sénégalais aux Etats-Unis. Avez-vous eu le soutien de ces derniers ?
Je ne vais pas vous le cacher : mon ami, c’est Desagana Diop, (international sénégalais qui évolue en Nba au Charlotte Bobcats). On est quasiment en contact tous les jours. C’est quelqu’un qui me conseille beaucoup. Je suis souvent en contact aussi avec les anciens de Seed Academy (Sport for éducation and economy developpement de Thiès). Il y aussi certains anciens internationaux comme Matar Ndiaye qui est d’ailleurs venu assister à la finale. 

Et la réaction des dirigeants sénégalais ?
Effectivement ! Lorsque j’ai consulté mon mail, j’ai vu un message du président Tandian (de la Fédération sénégalaise de basket). C’est très réconfortant. Je n’ai pas manqué de lui répondre d’ailleurs. J’ai également reçu un coup de fil de Mohamed Ndao Tyson (lutteur) avant la finale. Il m’a donné des conseils. Ça m’a fait plaisir d’avoir ce genre de message. J’ai beaucoup apprécié son geste. C’est quelqu’un qui aime le sport en général. C’est un modèle pour la jeunesse sénégalaise.

Quel est aujourd’hui votre objectif pour les années à venir ?
(Il hésite) J’espère avoir une belle carrière. Je suis jeune. Je viens de débuter ma carrière. Je souhaite faire partie des meilleurs demain pour que je puisse représenter le Sénégal et l’Afrique. J’ai l’ambition d’inscrire mon nom au plus haut sommet du basket mondial.  

On va parler de l’Equipe nationale avec l’Afrobasket en août prochain à Abidjan. Serez-vous présent avec les Lions ?
(Direct) L’Equipe nationale, je n’y pense pas. Je vous dis la vérité. Là en ce moment, je ne sais vraiment pas. Maintenant, si on m’appelle, je viendrai. Mais cela dépendra des dirigeants de mon club. Jouer pour son pays, il n’y a rien de tel. Jouer devant ses parents, pour son Peuple, gagner pour son pays, c’est un rêve. Cela me ferait énormément plaisir de jouer pour mon pays et que les gens sachent qu’à Kébémer il y a un grand joueur de basket. Cela vaut tout l’Or du monde. Maintenant, comme j’ai dit, tout dépendra de mes dirigeants. S’ils me laissent partir, je serai le premier au regroupement. Il faut aussi que le coach me convoque. Je suis même prêt à acheter mon billet. Je peux faire ce sacrifice pour mon pays. L’argent ne sera pas le problème pour venir.

Il y a souvent l’assurance qu’exigent les clubs ?
Même pour ça, il n’y aura pas de problème. Le seul souci, ce sera par rapport au programme que j’aurai avec mon club. Si on me libère, je viendrai sans faute. Maintenant, je ne sais pas encore ce qui va se passer durant cette période (mois d’août). On verra inchallah. Pour l’instant, je me consacre à mes cours. J’ai des examens à passer prochainement. Je finis normalement vers la fin de ce mois. Après, je souhaite venir au Sénégal profiter un peu de la famille et de mes amis.

Article rédigé par le Mardi 16 Avril 2013
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