Facebook
Twitter









Côte d'Ivoire: Basket-ball - 'J'irai chercher les moyens là où les autres les trouvent '

Koré Moïse, président par intérim de la FIBB, plaide pour une bonne répartition de la parafiscalité pour le développement de tous les sports.

Interview réalisée par Paul Bagnini
Abidjan



Mr Kore Moïse (avec la balle)- photo Abidjan.net
Mr Kore Moïse (avec la balle)- photo Abidjan.net
Que retenir de votre première saison à la tête du basket-ball ivoirien ?


Par rapport à la feuille de route que nous nous sommes donnée durant notre intérim, je pense qu'il faut retenir beaucoup de satisfactions. D'abord au plan organisationnel, nous avons mis de l'ordre au sein des clubs. Car il y avait un certain désordre à ce niveau. On pouvait voir des clubs où le président est en même temps l'entraîneur, le trésorier et le secrétaire général. Tout cela ne faisait et pas sérieux pour l'image de marque que nous voulons donner au basket ivoirien. Il fallait donc mettre de l'ordre à ce niveau pour leur permettre d'être plus crédible aux yeux des annonceurs. Les textes de la Fédération qui dataient de 1961 ont été également remis au goût du jour.

Après la dernière assemblée générale, qu'est-ce qui a changé au niveau des textes ?

Toutes les parties que l'assemblée a jugées surannées ont été adaptées aux réalités du moment. Il fallait sortir de l'amateurisme pour tendre vers le professionnalisme et c'est ce que nous sommes en train de faire. Je parlais tantôt de la situation des clubs, mais il y a aussi la Fédération. Désormais n'importe qui ne peut pas venir être président de la FIBB par exemple.

Qui peut être candidat à la présidence de la FIBB après la dernière assemblée générale ?

Tout Ivoirien du milieu du basket-ball (avoir été président de club, d'une ligue ou membre d'une section de basket-ball pendant deux années consécutives) qui jouit de ses droits civiques et moraux, ayant 30 ans au moment où il dépose sa candidature. S'il fournit un extrait d'acte de naissance, un certificat de nationalité datant de moins de trois mois et un certificat de résidence. Le candidat devra ensuite verser des frais de dossier non remboursable de 100 mille FCFA et une caution d'un million FCFA en espèces au moment du dépôt de la candidature. Les candidats qui auront un tiers des voix se verront rembourser. Nous l'avons fait pour protéger le basket-ball.

Vous n'avez pas fait que travailler sur les textes. Et les compétitions

C'était notre premier challenge. Il fallait en cette période difficile où le basket-ball et le pays sont dans le creux de la vague trouver les moyens pour organiser les compétitions. Nous nous sommes battus et par la grâce de Dieu nous avons réussi à offrir aux amoureux de basket-ball leur championnat national, mais également toutes les compétitions qui étaient prévues au niveau du calendrier. Nous avons même innové en dédiant une journée entière aux plus jeunes. Cela nous a permis de récompenser nos jeunes pousses, et surtout les centres de formations les plus méritants. Nous venons également d'honorer les meilleurs athlètes de toutes les catégories ainsi que les meilleures équipes de la saison écoulée. Je crois que tout devrait aider à encourager les uns et les autres à mieux faire au cours de la nouvelle saison qui s'ouvre.

Comment avez-vous trouvé le niveau du dernier championnat?

Je crois que tous ceux qui ont suivi les différentes rencontres ont pu apprécier. Il y a eu une légère hausse du niveau de jeu. Les oppositions ABC-CSA dames n'étaient pas gagnées d'avance. De même que les rencontres masculines entre l'ABC et l'Africa étaient très heurtées. Désormais, les équipes ont sensiblement le même niveau et cela grâce à la Fédération qui essaie de limiter la transhumance des joueurs. Autrefois, une équipe qui avait les moyens pouvait s'offrir tous les meilleurs joueurs des autres équipes et faire la loi. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Certaines mauvaises langues ont fait croire que cette décision de bloquer les transferts de joueurs était dirigée contre l'ABC qui est le club le plus puissant de la place en ce moment. Qu'en est-il exactement ?

Je n'ai rien contre l'ABC. Encore moins contre ses dirigeants que je côtoie depuis plusieurs années. Le président actuel de l'ABC, M. Touré Boubacari était mon président quand je jouais au basket. Je souhaite le meilleur pour l'ABC qui est un club de Côte d'Ivoire. Mais l'ABC ne peut pas être meilleur si en face il n'y a pas d'opposition. C'est ce que je dis. Autrement dit, il n'y a rien de dirigé contre cette équipe.
A l'époque, nous avions un championnat fort avec des équipes très fortes. Et cela donnait des confrontations de haut niveau qui se répercutaient systématiquement sur l'équipe nationale. La conséquence, c'est que l'équipe nationale a été championne d'Afrique en 1981 avec des joueurs locaux. Le seul joueur expatrié du groupe, c'était Dié Drissa. Qui était précédemment de Bouaké, d'où venait l'équipe championne de Côte d'Ivoire. Mais depuis un moment, l'ASEC et l'Africa sports sont devenues des équipes quelconques et la seule qui plane, c'est l'ABC. Naturellement, les Abidjanais qui n'ont pas d'adversaire sur le plan local ne peuvent qu'être confrontés à des difficultés lors des compétitions internationales. C'est pour rendre plus attrayantes nos compétitions nationales et relever le niveau de notre basket que nous agissons ainsi.

Justement quel est le poids actuel du basket-ball ivoirien sur l'échiquier continental ?


Nous n'avons pas beaucoup bougé sur le plan international. Ce qu'il faut retenir c'est que nous avons engagé la sélection junior féminine dans les éliminatoires de la Coupe d' Afrique des nations de Cotonou 2006, au Bénin. Elle a terminé troisième avec à la clé une qualification pour la prochaine phase finale de la Coupe du Monde de la catégorie. Dès notre arrivée à la tête du basket-ball ivoirien en 2005, la Fiba-Afrique nous a fait l'honneur de nous confier l'organisation du championnat d'Afrique des clubs champions masculins. Cela nous a permis d'avoir un champion d'Afrique en la personne de l'équipe de l'ABC. Nous avons accueilli au mois de septembre dernier les éliminatoires de cette coupe d'Afrique et la Côte d'Ivoire a réussi à placer trois équipes, l'ABC, l'Africa sport et le Zénith. Lors de la phase finale qui s'est déroulée au Nigeria.

Mais elles n'ont pas été à la hauteur des espoirs placés en elles pendant cette phase finale au Nigeria. Comment expliquez-vous cette débâcle ?

Il ne faut pas se voiler la face. Le résultat que nos équipes ont ramené d'Abuja indique notre véritable rang actuel sur le continent. C'est dommage parce que je retrouve le basket-ball ivoirien quasiment dans le même état que quand j'arrivais dans ce milieu en tant que joueur. Pourtant, notre génération composée de Bilé Alphonse, Andoh Jacques, Maïga, pour ne citer que ceux-là, avait réussi à donner une dimension mondiale à ce basket-ball ivoirien. Mais je constate aujourd'hui que nous avons fait un pas en avant, un pas en arrière. Ce qui est anormal. Surtout quand je pense que ce sont des idées ivoiriennes (le professeur Ekra et le docteur Bilé) qui dirigent le basket-ball africain. Nous pouvons mieux faire.

Comment comptez-vous travailler pour repositionner ce basket-ball ivoirien au sommet de l'Afrique ?

Il faut se remettre au travail. Notre objectif est de ramener le basket ivoirien parmi les meilleurs sur le continent. C'est dans cette optique que nous avons décidé de mettre sur pied une grande équipe nationale, forte et respectée. Le football y est parvenu et nous voulons copier ce bel exemple du président Jacques Anouma et ses amis de la FIF.

A quel niveau êtes-vous avec ce projet de formation de cette équipe nationale ?

Nous sommes très avancés sur ce projet. Le dernier tournoi international que nous avons organisé l'an dernier répondait à ce souci. Nous avons vu en situation de jeu quelques joueurs. D'ores et déjà, il faut dire que la nouvelle équipe que nous préparons est loin de celle que le public a vu à l'oeuvre pendant les vacances au Palais des sports de Treichville. Seulement deux ou trois éléments qui étaient présents à ce tournoi pourraient intégrer la nouvelle sélection.Nous avions fait avec, parce que tous ceux que nous attendions n'ont pas pu effectuer le déplacement. C'était à une période où chacun était préoccupé à se trouver un club. Mais depuis que nous avons initié ce mouvement, il ne se passe pas un jour sans que les joueurs, se signalent à nous. Ils se font connaître soit par téléphone, soit par internet. Nous sommes plutôt heureux de savoir qu'il y a beaucoup de jeunes ivoiriens qui jouent au basket-ball à travers le monde et qui sont prêts à venir défendre les couleurs de leur pays.

Qu'attendez-vous pour aller faire de la prospection comme l'a fait le football ?

Nous avons en ce moment une équipe aux Etats-Unis qui est en train de faire le tour de tous les jeunes basketteurs ivoiriens dans les universités et autres. Cela va nous permettre d'avoir une idée de ces joueurs et voir dans quelles mesures nous pourrions organiser et planifier les regroupements de l'équipe nationale aux USA et en Europe. Nous voulons faire en sorte que les joueurs ivoiriens puissent se retrouver régulièrement pour travailler ensemble avant les Jeux Africains 2007.

Notre mission aux USA a reçu également mandat de prendre attache avec des clubs en vue de jouer des matches amicaux dans le cadre des stages des Eléphants. Elle aurait déjà signé un accord avec les San Antonio Spurs pour que l'équipe nationale de Côte d'Ivoire puisse utiliser les installations et le staff médical de ce club dans le cadre de ses regroupements. Dallas serait également sur le point d'accéder à notre demande.

Il y a également beaucoup de joueurs en Europe. Avez-vous pensé à eux ?


En effet, nous avons effectué la même mission en Europe. Notamment en France où nous savons désormais où poser nos valises dans le cadre de notre préparation. Bientôt, nous allons, en fonction de la disponibilité des joueurs, établir un plan de préparation.

Le temps presse. Les éliminatoires de la CAN 2007 commencent bientôt, alors à quand cette grande équipe ?

En effet, en février, débutent les éliminatoires de la zone 3 pour la Coupe d'Afrique des nations à Abidjan. Justement pour se mettre à l'abri d'une quelconque surprise désagréable, nous allons faire venir trois ou quatre de nos joueurs expatriés pour la qualification. La suite, on verra. Mais je peux vous rassurer, cette grande équipe de basket ne tardera pas à voir le jour.

Avez-vous pensé à l'encadrement technique pour conduire cette grande équipe ?

Nous avons présenté un technicien croate l'année dernière. Kavedja Veceslav devrait prendre les rênes de cette sélection. Nous avons le contrat. Cependant, il n'a pas encore pris fonction pour la simple raison que nous ne voulons pas engager maintenant un entraîneur que nous allons payer à ne rien faire. Mais en même temps, nous sommes prudents. En attendant de tout parapher, nous voulons être sûrs de faire une bonne affaire. Si nous trouvons un autre plus doué, le contrat avec le Croate pourrait être ajourné.

Quel est donc le profil de l'entraîneur que vous recherchez ?

Je veux un technicien chevronné. Quelqu'un de charismatique capable de fouetter l'orgueil des joueurs et de mettre en place un plan de travail efficace. Parce que nous avons des athlètes d'un certain niveau à qui il faut un entraîneur de haut niveau pour obtenir le résultat escompté. A ce technicien de haut niveau, nous allons adjoindre deux ou trois techniciens locaux pour aider à former les joueurs et les encadreurs techniques.

Vous n'êtes que président intérimaire

J'ai la confiance des clubs. Cependant, nous allons aller aux élections. Ce qui va se passer se passera. Une élection n'est jamais gagnée d'avance. Mais moi, je ne m'accroche pas au poste de président de la Fédération. Dans tous les cas, s'il y a quelqu'un qui peut faire mieux que moi, c'est tant mieux.

Y a-t-il un autre candidat déclaré qui vous menacerait?

Personne ne peut me menacer. Je suis un citoyen libre. Si quelqu'un se présente et que les clubs estiment qu'il a le meilleur profil, ils sont libres de le choisir. Enfin, je dis cela, mais je dois rendre compte d'abord aux clubs qui m'ont fait confiance à l'assemblée générale. Après cela, on verra. Dans tous les cas, nous irons au charbon si cela est nécessaire au cas où les clubs me renouvelaient leur confiance.

Comment comptez-vous faire pour que ce sport puisse plaire davantage aux Ivoiriens ?

D'abord, il faut travailler sur les structures déjà en place pour former des joueurs de qualité. Parce qu'on peut mettre tous les artifices qu'on veut, faire des spectacles musicaux autour, mais si le match lui-même n'en vaut pas la peine, cela ne servira à rien.

Qu'allez-vous faire si vous êtes élu ?

Si je suis élu, on passera à la vitesse supérieure. Parce que j'estime que le basket-ball est d'abord un spectacle. Malheureusement, il n'y a plus de mécénat. Cela nous oblige à aller chercher des sponsors parce que le sport en général, est un vecteur de communication. Toutes les entreprises qui veulent communiquer ou passer un message profitent de ce vecteur. Mais pour que nous ayons des sponsors, il faut que nous produisions du jeu de qualité sur le parquet. Notre rôle en tant que président de la Fédération, c'est d'organiser le milieu du basket-ball pour qu'il y fasse on vivre. De sorte que le public accoure pour voir nos matches. Que les gens en famille, comme aux Etats-Unis, viennent au Palais des sports pour vivre le spectacle avec nous. Ces derniers temps, il y a quelques familles qui se déplacent pour voir les matches de basket, mais ce n'est pas suffisant. Il faut que cela continue et que d'autres familles suivent car le basket-ball est le sport du troisième millénaire. Il allie intelligence, grâce et élégance.


Cela demande beaucoup de moyens. Avez-vous des sponsors en vue ?

Nous sommes toujours en train de travailler sur la question. Nous sommes en contact avec plusieurs annonceurs sur la place comme à l'étranger. Ce que je peux confirmer, c'est que nous avons un contrat avec la structure Dia international qui va habiller nos équipes nationales et nos clubs. Le contrat est entré en vigueur à partir de ce mois de janvier.


Mohamed Dia ne fera qu'habiller les équipes

Dia ira au-delà de l'habillement. Il s'engage à faire en sorte que nos équipes nationales seniors aient une bonne préparation en leur permettant de participer à de grands tournois internationaux en Europe et aux USA. C'est déjà un acquis.

En ce moment, nous sommes en négociation avec une chaîne de télévision italienne qui va racheter les droits télévisés de nos matches. Elle trouvera des sponsors qui viendront chaque fois que nous jouerons pour rendre nos compétitions plus attrayantes. Le patron de cette chaîne de télé sera bientôt à Abidjan pour parapher le contrat. Personnellement, je pense que cela va motiver davantage les joueurs qui ont l'intention de faire une carrière dans le basket. Ce sera l'occasion de se faire voir par les recruteurs étrangers.

A la fin de la saison dernière, l'on avait annoncé une maison de téléphonie cellulaire à vos côtés. Elle étaient même très visible dans le Palais des sports lors du Championnat d'Afrique. Qu'en est-il exactement ?

Nous sommes en négociation très avancé avec ce nouveau partenaire. C'était simplement une opération de charme lors de la coupe d'Afrique. Nous voulions leur montrer ce dont nous sommes capables. Maintenant nous attendons de finaliser le contrat. Il ne s'agit pas d'un contrat d'un an ou de quelque chose de ponctuel. Nous devons avoir une ambition commune. Notre partenaire doit nous aider à remettre le basket-ball ivoirien sur les rails. C'est-à-dire apporter une nouvelle équipe nationale, mettre sur pied des infrastructures dans les quartiers pour rendre notre basket plus compétitif. C'est cela l'objet du partenariat. Il ne s'agit pas de prendre 5 millions par-ci, 1 million par-là pour organiser le championnat. Il s'agit de réaliser ensemble un projet.

Il y a d'autres annonceurs avec qui nous sommes également en discussion pour essayer de réunir les moyens de notre politique.

A propos des moyens, que pensez-vous de la parafiscalité à laquelle toutes les Fédérations ont droit désormais ?

C'est une bonne nouvelle. Mais en même temps, je suis opposé à la manière dont la répartition est faite. Le jour où nous avons été convoqués par rapport à cette parafiscalité, j'ai émis de sérieuses réserves parce que j'estime qu'il n'y avait pas une politique pour les sports, mais une politique pour aider un sport et maintenir sous perfusion les autres.

Ah bon !

Je n'ai rien contre le football. D'ailleurs notre équipe nationale joue bien. Elle est mondialement reconnue aujourd'hui et c'est une fierté pour les Ivoiriens que nous sommes. Mais j'estime que ce qui se passe en Côte d'Ivoire est inconcevable. Lorsqu'on décide de développer le sport dans un pays, il faut aider franchement les différents acteurs au même titre. Sans distinction.
Pour revenir à la parafiscalité, on nous dit que sur ce que cette mesure va dégager, 50°/° vont au seul football et 35°/° à toutes les autres Fédérations. C'est injuste.

Vous a-t-on expliqué pourquoi ?


Franchement, je ne sais pas sur quels critères l'on se base pour faire une telle répartition. L'on parle du fait que partout en Côte d'Ivoire on joue au football. Mais cela n'est suivi d'aucun résultat véritable. La Côte d'Ivoire n'est pas championne du monde de football. D'ailleurs, les Ivoiriens ont terminé deuxième de la CAN. Ils n'ont joué que trois matches en Coupe du monde et ils sont revenus. Donc il ne faut pas faire croire qu'il y a des sports qui sont supérieurs à d'autres. Nous sommes tous au même niveau. Mieux, presque tous les sports dits mineures ont glané plusieurs fois des titres de champions d'Afrique et participé à plusieurs Coupes du Monde de leur discipline. Alors pourquoi ce deux poids deux mesures ?

Cette parafiscalité sur les indemnités sur le tabac ne concernait-elle pas que le football au départ ?

Je n'étais pas président de la Fédération. Mais à l'époque, cela a été une décision de l'ensemble de la conférence des présidents.

Lorsque vous donnez 500 millions à quelqu'un et 2 millions à un autre, il est clair qu'au moment de l'évaluation en fin d'année vous ne pouvez pas attendre les mêmes résultats d'eux.

Il faut donner les moyens à tous les sports de se développer de manière à ce que ce ne soit plus une affaire de génération. Il y a eu notre génération au basket et dans d'autres disciplines. Aujourd'hui il y a la génération des Drogba, mais tout cela va disparaître et notre sport va perdre du terrain si rien n'est fait. Il faut donc sortir de ce carcan pour travailler sur le long terme.


Où allez-vous trouver les moyens pour réaliser le vaste chantier que vous annoncez après votre élection ?

J'irai chercher les moyens là où les autres vont les chercher. En réalité, quand Didier Drogba vient jouer à Abidjan, tout riche qu'il est, il ne paye pas son billet d'avion. Il n'y a pas d'Ivoiriens de première et de seconde zone. Ce n'est pas parce qu'on est footballeur qu'on est meilleur que celui qui joue au basket-ball ou au Volley-ball etc.

Ça sent la concurrence avec le football

Pas que je veux concurrencer qui que ce soit. Mais je veux dire que quand on veut aider à avoir de grandes équipes nationales il faut le faire franchement.

Si vous avez les moyens de votre politique et qu'il n'y a pas d'infrastructures, c'est comme si vous n'avez rien fait ?

Ce volet est du ressort du ministère des Sports à travers l'ONS. Mais cela ne nous empêche pas de prendre des initiatives. Nous ambitionnons de construire une salle de jeu. Parce que nous estimons qu'il est inconcevable que dans une grande ville comme Abidjan, nous ne disposions que d'une seule salle de jeu. Pour rendre les compétitions plus attrayantes, le volley-ball, le karaté, le judo et tous les autres sports de salle veulent le palais des sports alors qu'il n'y a une seule aire de jeu.

C'est pour tout cela que nous voulons avoir une salle de jeu pour le basket-ball.

Il paraît que le Palais des Sports en réhabilitation n'était pas achevé et que vous y avez fait jouer la Coupe d'Afrique des clubs champions, n'était-ce pas un risque ?

Il n'y avait aucun risque. Le Palais des Sports avait un problème avec la ceinture de la mêlée-collée. Les gouttières qui ramènent l'eau du toit vers le sol avaient été obstruées par les dépôts de ciment en provenance du port autonome d'Abidjan. Cela empêchait la circulation de l'eau qui pénétrait dans les piliers du bâtiment. Ce problème avait déjà été réglé. Mais les gens avaient confisqué le Palais pour voler de l'argent à l'Etat de Côte d'Ivoire. Mais pendant tout le temps que les travaux ont duré, beaucoup de choses à l'intérieur s'étaient dégradés. Les toilettes avaient été même pillées et c'est tout cela qui restait à faire. On n'aurait pas fait ce forcing que 3 milliards du contribuable seraient partis à l'eau définitivement.





Article rédigé par le Samedi 3 Février 2007
Lu 2928 fois