Lendemain de la CAN d’Alger
2005
Après une brillante
participation, malgré une préparation extrêmement courte et bâclée comme
d’habitude (mauvais planning du voyage aux EUA, matchs amicaux ratés, etc.) le
Sénégal est revenu d’Alger avec une équipe qui forçait le respect par la magie
d’un coach mythique (référence du basket africain), mais aussi par le talent de
ses joueurs. Le bon sens aurait commandé, au lendemain de cette compétition,
l’élaboration d’un véritable plan et une vision du basket-ball sénégalais pour
hisser les équipes masculine et féminine au rang des world class (nations
qui disputent régulièrement et en bon classement les Mondiaux et Jeux
Olympiques). Adidas qui devait avoir son maillot et poster bien encadrés au
salon d’honneur du stadium Marius Ndiaye, parmi d’autres gloires, a été viré
comme un malpropre par le Ministère et la Fédération. A-t-il, au moins, reçu le
reliquat de son contrat comme un certain…Guy Stephan, toubab et tchouné
en plus?
Le Mondial du Japon2006 :
quelles leçons ?
Après la débâcle programmée du
Mondial au Japon, avec le limogeage du coach, le forfait de joueurs de la NBA,
l’angoisse et la démotivation du groupe de joueurs retenus, on était en droit de
nous attendre à un conclave (Assises ou Ndeup) de la famille du basket
pour sortir définitivement cette discipline de l’amateurisme. Mais là, de
nouveau, les dirigeants et le Ministère sont restés scotchés au sous
développement en adoptant la politique de l’autruche. Pas d’évaluation, ni
explication encore moins une communication, surtout pas de bruit car le Mondial
féminin à São Paulo arrive pour noyer les frustrations des fans. C’était le
signal fort que le choix était de conforter les tares organisationnelles et
programmer le naufrage de Luanda.
Préparation de la CAN 2007
La nomination de Gallo Fall comme
Manager de l’équipe masculine, au début de cette année, a suscité beaucoup
d’espoirs de recadrage des choses dans le bon sens et, apparemment, il s’est
fortement engagé pour réussir ce challenge jusqu’ici. Il a certainement mal
évalué la taille du boulet qui l’entourait. On n’applique pas des best practices
avec des dirigeants qui assimilent tout au tournoi Cabral. Cela donne des
problèmes de visas pour les joueurs et de places dans les vols pour une équipe
nationale au XXI siècle !! Et de primes aux joueurs professionnels à 200.000
FCFA. Là, je recrute Amy Mbacké comme porte parole. Néanmoins, dans ce scénario
tragi-comique de préparation de la CAN, on était loin d’imaginer que le pire
était à venir.
Sam Vincent, le coach qui
nous a manqué
On a beaucoup écrit sur Sam
Vincent dans la presse locale depuis le mois de juin et les articles allaient
dans tous les sens. Pourtant, la règle de base était de lui tendre le micro,
même par skype pour économiser des sous! Barrière linguistique, paresse ou
manque de flair journalistique ?
C’est ainsi qu’on a raté le scoop
de l’été : le Ministère et la Fédération voulaient faire travailler Sam Vincent
et le payer après la CAN 2007. Sans blague !! C’est là où le ridicule ne
tue pas nos dirigeants. On recrute un coach de la NBA, donc compétent, puisque
n’y est pas coach qui veut et c’est le championnat le plus compétitif au Monde,
avec des clauses d’engagement très clairs.
Selon les termes de l’accord, on
devait lui payer une avance de démarrage à la signature du contrat, ce qui n’a
pas été respecté par la partie sénégalaise, d’où rupture de contrat par le
Sénégal et on ne peut plus rien exiger de lui ! En bon professionnel, il
nous laisse ses adjoints jusqu’à Milan pour recevoir ce qui lui est dû, de
nouveau faux bond des autorités, il plaque l’équipe devant autant d’incertitudes
et amateurisme et on trouve à redire. Clair et net.
Question pour un champion : que
réclamait Henri Kasperczak du Ministère des Sports avant les matchs retours
contre la Tanzanie et le Mozambique en juin dernier ? Réponse : Ses premiers
salaires après presque un an en poste ! Il a du briefer Sam qui n’a pas une tête
de naïf et qui connaît aussi une certaine Afrique.
Participation à la CAN
L’équipe du Sénégal a payé cash
au premier tour sa mauvaise préparation, trop courte, sans coach titulaire et
avec un planning qui n’a pas été respecté. En plus Desagana Diop, qui n’est pas
à la NBA pour se balader mais en tant qu’élément utile, et surtout Boniface
Ndong nous ont terriblement manqué. Le Sénégal a aujourd’hui la meilleure
moyenne de taille en Afrique, en plus du talent, mais ne construit pas sa force
autour de ces atouts. Le défi actuel de l’équipe consiste à développer trois
meneurs de jeu de grande qualité et au moins cinq bons shooteurs à trois points.
Nous devons un grand bravo à
toute l’équipe malgré le classement: de Makhtar Ndiaye au cadet Mohammed Faye.
Et certainement, ils ne méritent pas le titre à la presse d’une équipe qui
retourne à la maison en rasant les murs. Une Fédération civilisée aurait réservé
un bus pour transporter les joueurs à leurs domiciles, et un véritable Président
se serait assuré que tout le monde est bien parti, avant de quitter l’aéroport
avec son staff. Un général n’abandonne pas ses troupes à la débrouille….avec des
taxis à deux heures du matin!
A l’heure du bilan
Nous nous passons des plates ou
chaotiques excuses des uns, des indignations de directeur technique muet et non
imprégné de leurs missions (ce que Ado savait faire) et d’évaluation d’un comité
directeur qui oriente vers le groupe des mal classés de la CAN. En définitive,
nous avions une conspiration du silence où personne n’a tiré la sonnette
d’alarme malgré les forts signaux de désorganisation fédérale et ministérielle.
Une démission collective ne peut
être que salutaire pour le basket sénégalais, sans aucune conséquence sur la
future performance des lionnes en septembre prochain.
Sportivement
Edouard Sumper
* « Le basket-ball sénégalais à
la croisée des chemins » est une première contribution publiée en juillet 2006,
après le limogeage du coach Adidas.